Résidence MNA La Petite Garenne

Ouverte depuis le 15 octobre 2018, la résidence « La Petite Garenne » accueille 40 jeunes mineurs (garçons) non accompagné de 14 à 18 ans confiés par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). Les missions de cet établissement consistent à répondre aux besoins fondamentaux de chaque jeune, de lui fournir un environnement sécurisé, des conditions de vie décentes et un accompagnement socio-éducatif de qualité pour le rendre acteur de son projet de vie. L’accompagnement offert doit permettre à ces jeunes d’acquérir un bagage scolaire ou professionnel et les préparer au statut d’adulte, en lien avec les dispositifs de droits communs adaptés.

Les locaux

La résidence pour mineurs non-accompagnés est située à La Seyne-sur-Mer, dans un établissement ouvert en 1996 par l’Adapei et dédié jusqu’en août 2018 à l’accueil de personnes handicapées.

Les locaux de la résidence sont structurés sur quatre étages, permettant un accueil dans des chambres individuelles avec la possibilité de chambres doubles pour l’accueil de fratries. L’organisation architecturale et de spacieux espaces permettent que le collectif ne soit pas pesant.

Chacun a sa chambre individuelle, d’autres espaces collectifs permettent la constitution de petits groupes, et enfin, un bel espace au 3ème étage permet, si nécessaire et opportun, de regrouper tout le monde pour des moments de fête ou de convivialité.

L’établissement est équipé pour favoriser l’autonomie des résidents : machines à laver à chaque étage, cuisines d’unité et équipement des salles d’activités.

L’équipe

Selon le schéma d’organisation générale de l’Adapei (territoires et pôles), la résidence pour mineurs non accompagnés La Petite Garenne est rattachée au pôle enfance, qui gère un institut médico-éducatif, un établissement pour enfants et adolescents polyhandicapés et une maison de répit pour enfants autistes.

L’équipe de professionnels réunit des compétences multiples sur le champ de l’éducatif comme de l’insertion sociale et professionnelle. Au-delà de ses compétences propres, chaque membre de l’équipe a une mission éducative se mettant en œuvre à travers les temps de la vie quotidienne et donc de l’internat. Il fait ensuite valoir sa spécialité sur des accompagnements ou activités relevant de sa fonction. Le chef de service coordonnera l’équipe dans ses fonctions transversales et spécifiques.

  • Des éducateurs spécialisés ou moniteurs éducateurs en charge de l’accompagnement dans les actes de la vie quotidienne, dans sa santé, de son bien-être physique, mental ou social.
  • Une conseillère d’insertion professionnelle, qui accompagne le jeune à construire son projet professionnel et à s’insérer dans le monde du travail de façon pérenne.
  • Un conseiller en économie sociale et familial, qui accompagne le jeune dans les apprentissages de la gestion d’un budget, d’un logement et dans la gestion administrative.
  • Des maitresses de maison pour l’entretien des locaux mais aussi la mise en place d’un accompagnement au niveau des repas, de l’entretien du linge.
  • Des surveillants de nuit, qui assurent le bien-être et la sécurité des jeunes mineurs pendant la nuit.

Les autres professionnels :

  • Une directrice, chargée de l’administration de l’établissement (budget, ressource humaines.) et garante de la mise en œuvre du projet d’établissement.
  • Un chef de service, qui assure la coordination de l’ensemble de l’équipe, et pilote la conception des projets personnalisés, le suivi de leur mise en œuvre et les relations avec les prestataires et partenaires.
  • Une psychologue à temps partiel en charge de l’accompagnement des jeunes et de l’équipe.
  • Une secrétaire

L’accompagnement des jeunes

Comme rappelé par le défenseur des droits, un MNA est avant tout « un enfant en danger » qui relève de la protection de l’enfance et qui a des droits communs à tous les mineurs, et spécifiques à leur statut : droit au soin, à la scolarité, aux apprentissages, à l’accès à la culture, d’être entendu, écouté, accompagné…

Cependant, leurs besoins diffèrent de ceux des autres enfants accueillis en protection de l’enfance et demandent un accompagnement spécifique. Les équipes éducatives mènent cet accompagnement sur deux fronts connexes :

  • Sur le terrain juridique et administratif pour sécuriser leur statut, puis pour les accompagner dans leur démarche de régularisation.
  • Sur le terrain éducatif afin, comme pour chaque enfant confié à l’ASE, d’adapter le projet personnel de ces jeunes à leurs besoins spécifiques.

Les volets suivants seront développés sachant qu’une entrée réussie dans le dispositif se traduit par une sortie réussie de ce même dispositif :

Accès à la culture française : langue, codes, culture…

Tout au long de leur parcours, les jeunes vont approfondir leurs connaissances des institutions françaises et au-delà de cet aspect, de la culture française. Cela pourra se mettre en pratique par des modules d’apprentissage de la citoyenneté française proposés par l’équipe éducative ou des organismes de formation. Quelques exemples de thème à traiter : les institutions françaises, la laïcité, la place de la femme dans la société française.

Scolarité et formation professionnelle

Si la scolarisation des jeunes de plus de 16 ans n’est plus obligatoire, ces mineurs disposent néanmoins d’un droit à l’éducation, droit que nous faisons valoir pour chaque jeune accueilli.

Pour les jeunes entre 16 et 18 ans, la scolarisation est d’autant plus cruciale qu’elle va déterminer leur projet de vie. C’est cette implication dans un cursus de formation ou d’apprentissage qui pourra leur permettre de prétendre à un titre de séjour à leur majorité, car ils devront justifier d’une formation professionnelle d’au moins six mois.

Santé

L’accompagnement au niveau de la santé relève du droit commun. Des bilans de santé sont réalisés dans les plus brefs délais après l’accueil. L’infirmière de l’institution est la première interlocutrice du jeune à son arrivée. L’accès à la vaccination est le volet le plus simple de cet accompagnement, la CMU est mise en place, et toutes les démarches sont prises en charge par l’ASE. Des différents tests de dépistages sont à réaliser : test anti-tuberculose, VIH… Au niveau de la santé mentale, un travail sur les traumatismes dont sont porteurs les jeunes est incontournable et demande à l’équipe de devoir être attentive à tous les signaux d’alerte.

Les professionnels sont formés afin de pouvoir les accompagner vers une prise en charge thérapeutique adaptée.

Accès au logement

L’apprentissage de la gestion d’un logement est réalisé au cours du parcours du jeune au sein de l’établissement. Cet apprentissage passe par des étapes comme la formalisation d’un état des lieux entrant sortant de la chambre individuelle, l’entretien de celle-ci et un travail quotidien sur le plan alimentaire (cuisine commune, repas préparés par le jeune, réserve alimentaire…).

Lors la sortie de l’établissement, l’ASE du Var ne s’oppose pas à la poursuite de la prise en charge d’un jeune si la situation de ce dernier permet une régularisation. Cette poursuite serait formalisée par un contrat « jeune majeur ». Cela serait possible dans le cas où le projet du jeune pourrait se finaliser dans un temps raisonnable et, bien entendu, s’il y a adhésion et demande du jeune majeur.

Gestion du budget

Le travail sur la gestion de leur budget est spécifiquement soutenu par la conseillère en économie sociale et familiale, toujours en lien permanent avec l’éducateur référent de chaque jeune.

Cette gestion s’appuie sur les aspects concrets de la vie quotidienne du jeune : gestion de son argent de poche, de son allocation habillement, de son allocation hygiène, de son budget transport et du budget activités sportives.

Il est important que le jeune puisse épargner chaque mois pour envisager sereinement sa première installation à la sortie du dispositif.

De plus, il faut aussi tenir compte que parfois les jeunes arrivent avec une dette à rembourser. Dans ce cas, cette épargne permettra au jeune de la rembourser.

Travail avec les familles

Avoir le statut de mineur non accompagné ne signifie pas ne plus avoir de famille. Il ne s’agit pas de banaliser la séparation, mais bien de tenter de comprendre avec le jeune quels sont ses besoins de contacts malgré la distance géographique, et de les rassurer sur le fait qu’entrer en contact avec sa famille ne signifie pas perdre son statut de MNA.

L’équipe éducative évalue les besoins du jeune et convient avec lui des modalités de contacts. Cet axe de travail sur la question familiale fait partie intégrante des soins psychologiques car, la littérature et les expériences nous le confirment, rares sont les jeunes qui partent totalement de leur propre volonté. Ils sont pour la plupart « chargés » d’un mandat familial, quel qu’il soit, parfois lourd pour eux à porter.

Peut alors s’ensuivre des versants dépressifs importants chez le jeune. Ainsi, réintroduire la famille, remettre en place la fonction parentale, même de manière minimale et/ou symbolique, c’est donner davantage de chance à ces jeunes de surmonter cette épreuve de l’exil, de la séparation.

Leur permettre de prendre contact avec leur famille sans avoir à se « cacher » de l’équipe éducative, mais au contraire de s’appuyer sur cette dernière, est un des nombreux objectifs de travail.